December 25th 2025




002- des cycles, du temps.




Le regard qu’on porte sur les cycles suppose trop souvent que toutes les périodes se valent. Qu'un contenu est égal à un autre et que les choses ne coulent que pour laisser leurs places. 
Que le même contenu dans le même contenant suivant le même procédé aboutira aux mêmes  effets. Mais avec le temps, le contenant s'use et le contenu perd en potence. Les contenants et les contenus s'influencent et communiquent de telle sorte qu'à la millième période ils sont structurellement différents qu'à la premiere. 

Le macroscopique, la grande image, le tout, le perceptible, tous nous éloignent de la réalité. 

Le réel est dans le détail. Il est dans ce que notre regard ne peut pas voir car devant transformer les sensations en informations.
 Il est beaucoup plus commode de réduire une chose à ce qu'elle pourrait être, à ce qu'elle représente que d'essayer de la voir entièrement. Lorsqu'une chose est radicalement ce qu'elle est, lorsque rien d'autre ne renvoi à elle, lorsqu'elle ne contient aucun signe et n'en engendre aucun, elle devient indéchiffrable donc incommunicable. 
Nous ne la reconnaissons plus. Soit elle naturelle ou réarrangée, nous ne pouvons rien en faire car elle n'est que sensations.

 L'impatience et la volonté de performance nous ont poussé a développer trop vites des modes de communication inadéquats pour refléter la réalité comme nous la ressentons. Une distance a notre corps  contingente d'une part à la socialisation du travail et d'autre par aux volontés expansionnistes occidentales nous a poussé a adopter un langage trop pragmatique, trop tourné vers l'action et non vers la comprehension, résultat d'une bataille perdue d'avance contre le temps. Comme tout doit se faire contre le temps, tout doit se faire maintenant, et tout est fait mal ou pas du tout. 

S'il faut "pousser ce qui s'effondre", il faut profiter du temps qui s'écoule. 

S’écouler avec et non contre le temps. Trainer. La lenteur est l'harmonie avec le temps.